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Pas de consensus sur l’effet de la taxe carbone sur les engrais

En janvier 2026, l'Union européenne « n'a importé que 179 877 tonnes d'engrais azotés, contre 1 183 728 tonnes en janvier 2025 », rapporte le Copa-Cogeca.

Alors que le Copa-Cogeca s’inquiète du niveau des stocks et des achats européens d’engrais azotés de janvier 2026, Fertilizers Europe, représentant les producteurs d’engrais, se veut plus nuancé. Il chiffre l’impact du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) à +8 % sur le prix final aux agriculteurs.

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En janvier 2026, l’Union européenne « n’a importé que [0,18 millions de tonnes] d’engrais azotés, contre [1,18 millions de tonnes] en janvier 2025 », alerte dans un communiqué du 13 février 2026 le Copa-Cogeca. Pour ce dernier, syndicat représentant les agriculteurs et coopératives européens, c’est la preuve que le dispositif d’ajustement carbone aux frontières (MACF ou CBAM en anglais), en place depuis le 1er janvier 2026, « perturbe les flux d’approvisionnement et augmente les coûts pour les agriculteurs ».

Il reconnaît toutefois que sa mise en œuvre avait conduit à « des comportements anticipatifs […] en décembre 2025 ». Ce que ne manque pas de souligner Fertilizers Europe, qui représente la plupart des producteurs d’engrais en Europe, le 16 février, également par communiqué. Selon les chiffres de la Commission européenne que l’organisation rapporte, le niveau d’achat de décembre 2025, à plus de 2,5 millions de tonnes, est environ deux fois plus élevé que la moyenne cinq ans.

Un niveau de stocks préoccupant, selon le Copa-Cogeca

Mais le Copa-Cogeca s’inquiète également du niveau de stocks d’engrais, « tout aussi préoccupants, [ne couvrant en moyenne] qu’environ 45 à 50 % des besoins des agriculteurs pour la récolte 2026 ».

Le syndicat signale par ailleurs qu’en janvier 2026, les prix des engrais azotés étaient supérieurs de 25 % à la moyenne de 2024. Fertilizers Europe rétorque que les cours fluctuent « principalement » en fonction de l’équilibre offre demande. Elle chiffre l’impact du MACF à +8 % sur les prix de l’urée livrée chez les agriculteurs.

Miser sur la production domestique

Fertilizers Europe estime également que « ce n'est pas la mise en œuvre du [MACF] sur les engrais qui peut perturber le flux d'approvisionnement traditionnel en engrais » mais plutôt l’annonce de sa possible suspension rétroactive. Pour rappel, la Commission européenne y a ouvert la voie en début d’année, sans que cette suspension ne soit encore effective.

Les producteurs d’engrais soutiennent l’objectif du MACF, à savoir « harmoniser les règles applicables aux engrais produits dans l'Union européenne et importés et orienter le marché vers des engrais à faibles émissions dans [tout l’espace communautaire] ». Ils jugent par ailleurs que les parties prenantes devraient se concentrer sur le soutien à apporter aux agriculteurs, et non débattre sur les effets sur dispositif.

Le Copa-Cogeca lui, continue de militer pour « la suspension immédiate du MACF sur les engrais afin […] de préserver l’agriculture européenne ». Il demande la mise en place de « mesures structurelles » pour « garantir la disponibilité et l’accessibilité financière à long terme des engrais au sein de l’Union européenne ». Le syndicat ajoute que plus de 30 % des engrais azotés consommés dans l’Union européenne « sont traditionnellement importés ».

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